Guadeloupe : au dessous du volcan social

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By Christophe Certain | Filed in Non classé, politique | 2 comments

Il va être particulièrement  intéressant de suivre de près les évènements en Martinique et Guadeloupe dans les prochains jours, car l’issue de la crise antillaise risque fort de présager de la façon dont va être traité le conflit social en France métropolitaine.

Pour l’instant, dans le conflit des Antilles,  Sarkozy a joué le pourrissement, en tablant sur le fait qu’après une longue grève sans résultat, les braves veaux que sont les Français abandonneraient le terrain de la lutte et rentreraient sagement chez eux.  Jégo a été missionné sur place pour tenter de noyer le poisson, mais comme le poisson était coriace on lui a adjoint deux médiateurs (amusante trouvaille que ces médiateurs, qui semblent signifier par leur nom que le gouvernement et le peuple ont des intérêts antagonistes  !) et comme cela ne suffisait toujours pas on parle maintenant d’un conseil interministériel dédié au problème. Que d’efforts et d’air brassé pour ne rien faire, pour ne surtout rien céder et ne pas donner de folles idées aux travailleurs de métropole qui s’engouffreraient dans la brèche d’une augmentation de salaire de 200 € !

Depuis presque un mois que dure la crise, Nicolas Sarkozy n’a donc strictement rien fait de sérieux pour régler ce problème. Il a trouvé le temps d’aller faire le matamore en Irak et dans les Landes après la tempête,  mais n’a pas eu la présence d’esprit d’aller aux Antilles, ni même d’en parler dans sa dernière allocution télévisée. Pas un mot sur le sujet ! Mais paraît-il - Jégo dixit -  s’il n’en a pas parlé c’est “parce que les journalistes ne lui ont pas posé la question”. A ce stade ce n’est plus de l’oubli c’est de la conscience professionnelle !
Malheureusement pour Nicolas Sarkozy, toutes ses tentatives méritoires pour ne pas traiter le dossier ont échoué, et l’incendie, loin de s’arrêter, s’étend dangereusement, à la Martinique et à la Réunion.  Et il y a fort à parier que les manifestations jusque là pacifiques vont finir par prendre une tournure insurrectionnelle, avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer.

C’est à ce moment que nous allons savoir quel avenir nous réserve l’omniprésident Sarkozy, car il sera bien alors obligé de prendre des décisions concrètes. Passé un certain stade de mobilisation, il ne reste que deux solutions pour retrouver le calme : soit Sarkozy perd la face et cède sur toute la ligne aux manifestants, ce qui donnerait un coup d’arrêt fatal à ses réformes  et à sa crédibilité, soit il choisit de régler le problème par la force brute, et la frontière de plus en plus ténue qui sépare la démocratie française d’un régime autoritaire sera franchie.
Margaret Thatcher, qui est l’un des modèles avérés de Nicolas Sarkozy, a de cette façon brisé les syndicats anglais et fait passer des réformes qui réduisaient à néant les acquis sociaux des travailleurs.  Mais les Français sont moins fair-play que les Britanniques, et il n’est pas sûr que la méthode donne les mêmes résultats ici.

Nous avons eu bien sûr mai 1968, mais si l’on remonte juste un peu plus loin,  nous avons également eu le front populaire en 1936, et c’est peut-être le scénario qui se profile à l’horizon. Car ce n’est pas une simple crise de plus. Les salariés qui se serrent la ceinture depuis 1983 et le “tournant de la rigueur” socialiste voient leur niveau de vie baisser de façon constante et  sont une nouvelle fois mis à l’amende, pendant qu’ils contemplent le spectacle obscène des oligarques milliardaires, et sont exposés en permanence, de façon obsessionnelle, à l’injonction de consommer.
Au moment où la frustration des français les moins riches est à son comble, on leur annonce maintenant qu’une nouvelle catastrophe arrive, aussi grave que la crise de 29, qui risque de réduire à néant les efforts de toute une vie, l’espérance d’une maison et d’un petit bout de terrain, et finalement de les plonger dans la misère.

Tant que les Français avaient un petit espoir que leur vie et celle de leurs enfants, malgré les difficultés, avait des chances un jour de s’améliorer, ils ont tout supporté. Mais Nicolas Sarkozy a tué cet espoir. Le président du pouvoir d’achat a menti, il s’est planté sur toute la ligne, et se défausse maintenant sur la crise mondiale. Passée la sidération des Français face à la violence des évènements qui s’abattent sur eux de toutes parts, c’est maintenant clairement la révolte qui s’annonce. Comment réagira le président de tous les Français à cette révolte ? C’est ce que devrait nous apprendre bientôt l’évolution de la crise des Antilles.

Nouvelle DS et Sarkozysme : retour vers le passé

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By Christophe Certain | Filed in politique | 3 comments

Les experts du marketing n’aiment pas prendre de risques, et comme inventer est risqué, car pas forcément rentable, une de leurs techniques éprouvées consiste à nous refourguer des concepts qui ont fait leurs preuves, avec un nouvel emballage.

On a vu ces dernières années le réemballage de la Coccinelle Wolkswagen, de la mini Austin, de la Fiat 500, et voilà qu’on nous ressort maintenant en France la DS, ce trilobite improbable qui nous ramène à la France de De Gaulle et Pompidou.

Il y a des hasards malheureux, car c’est au même moment que Nicolas Sarkozy prétend remettre la main (entre autres) sur l’audiovisuel public et nous assène ce soir même une soirée présidentielle au coin du feu, avec quelques journalistes respectueux de la pompe présidentielle, pour nous expliquer (demeurés que nous sommes) pourquoi sa politique est la meilleure, et la seule possible. Cela rappelle à 40 ans de distance le manichéisme  noir et blanc de l’ORTF, la censure et les oukases du  ministre de l’information, qui à l’époque faisait et défaisait les programmes, et le président qui venait à la télévision expliquer avec patience et pédagogie aux Français que couvrir le pays d’une chappe de béton  et construire des centrales nucléaires à chaque coin de rue allait faire de la France un pays moderne.
Entretemps, la télé est passée à la couleur, on a multiplié à l’infini le nombre de chaînes, on a remplacé Léon Zitrone par Laurence Ferrari, mais d’un coup de baguette magique, Nicolas Sarkozy nous montre que rien n’a changé, et aucun journaliste ne s’aviserait de mettre dans l’embarras le président en lui posant des questions auxquelles il n’a pas envie de répondre.

Après un an et demi de présidence de la république, les Français lassés de leur nouveau président, s’aperçoivent que Sarkozy aussi c’est du vieux à l’apparence du neuf : sous le costume du président “djeunz” on retrouve à 40 ans de distance une droite dure et autoritaire, qui prétend améliorer le monde  en se remplissant les poches. Les Français pensaient élire un moderniste, mais ils s’aperçoivent qu’on leur a vendu un vieux truc ringard.

Le problème du marketing, c’est que la stratégie du produit relooké est un  fusil  à un coup. Passé l’effet de mode, plus personne n’en veut, et c’est bien ce qui risque d’arriver à Sarkozy.  Contrairement aux apparences, a moins d’un revirement spectaculaire et improbable, la droite a du souci à se faire pour l’avenir, et c’est bien pour cela que Sarkozy aligne ses réformes rétrogrades et liberticides avec une telle frénésie.  En effet, la gauche dirige déjà les régions, la majorité des départements et la plupart des grandes villes, et la tendance n’a pas l’air de vouloir s’inverser.  Le sénat lui-même risque de passer bientôt à gauche.  Si, comme le craint Claude Guéan lui-même  - l’âme damnée de Sarkozy -,   la gauche devait triompher aux prochaines présidentielles et législatives, toutes les ficelles inventées pour profiter à la majorité au pouvoir se retourneraient alors contre ceux qui les ont  mises en place, et la droite disparaîtrait pour longtemps du paysage politique français.  refermant ainsi  la parenthèse historique du néo-libéralisme.

De l’internet et de l’information

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By Christophe Certain | Filed in ère nouvelle | One comment

Avant internet nous avions des certitudes en lisant les livres d’histoire et les encyclopédies où la réalité était là, rassurante et répondant à (presque) toutes les questions que nous nous posions.
Internet a permis à l’humanité de sortir de sources d’informations uniques et arrangées suivant les versions officielles. Il suffit par exemple d’aller en Espagne pour lire les plaques commémoratives des massacres épouvantables commis par Napoléon là-bas. Il a ruiné et décimé la France, il a causé la mort de centaines de milliers de personnes en Europe, et on le considère encore ici comme un héros, alors que c’est un criminel de grande envergure. Villepin lui a même consacré un ouvrage, ce qui en dit long sur le formatage de nos dirigeants. Ce n’est pas du conspirationnisme, c’est de l’histoire.
On oublie trop que les gouvernements qui nous dirigent (ici et ailleurs) vivent essentiellement sur le mensonge. Il suffit de repenser aux promesses de campagne de notre président ou au fait que les Etats-Unis aient envahi l’Irak d’après des arguments qui se sont avérés être des inventions purs et simples, bricolées par les services américains et anglais. Bizarrement on parle rarement de ça dans les medias. C’est comme si c’était normal de gouverner par le mensonge. Encore une fois je ne parle pas de sujets portant à caution, mais de réalités que tout le monde peut vérifier.(Je peux développer)
Maintenant si les gens qui nous dirigent mentent sur des sujets que l’on peut aisément vérifier tous les jours, pourquoi nous diraient-ils la vérité sur des sujets où les informations nous sont intentionnellement cachées ?
C’est un bon point de sortir d’une vérité unique, mais le problème aujourd’hui est que l’on accède à toutes les informations qui étaient recluses précédemment dans des cercles restreints. Réalités mais aussi mythes, propagandes et autres fantaisies. Le problème aujourd’hui n’est plus d’avoir l’information mais de pouvoir donner un crédit à une information, et parmi des sources divergentes essayer de cerner la vérité, à supposer qu’elle existe.
Je crois qu’aujourd’hui on ne peut plus accéder à une vérité unique mais plutôt à un réalisme fantastique et baroque à la mode sud-américaine dans lequel tout est plus ou moins possible et où la réalité prend une intensité telle qu’elle transcende la banalité du quotidien. Pour ceux qui ont connu Actuel dans les années 80 ou le bref journal “Le jour” à Paris au début des années 90 il y avait un peu de cet état d’esprit d’une réalité hors média, hors AFP, une réalité sidérante qui disait que la vie vaut la peine d’être vécue.
Je crois qu’internet voit l’émergence d’un nouveau genre littéraire (je suis très sérieux) qui mêle le réel, le probable, le possible et la légende, et que faute de mieux nous lisons cela en imaginant, imbus de notre héritage descartien, que nous pouvons nous faire notre propre jugement.
En fait on accède aujourd’hui à une réalité “quantique” dans la mesure où ce que l’on prenait pour une vérité avant devient une potentialité de réalité, elle peut exister, elle peut être différente et elle peut prendre mille formes différentes. D’une cible bien nette nous passons à une vision floue et insaisissable, fuyant le doigt qui l’approche. C’est le prix à payer pour sortir de la rassurante réalité.
Mais l’homme ne peut vivre d’incertitudes, car l’impossibilité de décision entraîne l’impossibilité de mouvement, qui entraîne la fin de la vie. Il nous faut donc nous faire un avis ou choisir d’abandonner la pensée et la vie, ce qu’ont déjà fait ceux qui, comme dans Platon, préfèrent croire à l’illusion des ombres projetées dans le fond de la caverne, plutôt qu’à la réalité du dehors. (Et Platon avait écrit ça avant l’invention du cinéma et de son dérivé la télévision, ça laisse rêveur)
Dans ce nouvel univers d’information du web, frais, revigorant, mais à la réalité incertaine, nous devons nous frayer un chemin, éviter les pièges, et oser nous faire notre propre opinion, pour ne pas dire dans 20 ans “nous ne savions pas”.

A bas l’intelligence, vive l’argent ! *

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By Christophe Certain | Filed in politique | No comments yet.
lempire

l'empire

Quand on parle de “fascisme” en France on pense tout de suite à l’Italie mussolinienne, qui elle-même est associée au nazisme hitlérien, ce qui fait que quand on traite un gouvernement de “fasciste”, on se voit tout de suite taxer de caricaturiste outrancier, oublieux de l’horreur nazie.
Pourtant, le fascisme a eu d’autres bourgeons infâmes, dont le plus proche de nous est la dictature franquiste espagnole.
Après les horreurs de la guerre civile espagnole, Franco a maintenu le pays sous sa botte jusqu’au milieu des années 70. Les ennemis du régime étant morts ou enfuis, le pays est resté figé pendant 40 ans. Le peuple, maintenu dans une misère crasse, était pris dans une tenaille dont les deux pinces étaient l’armée et l’église, pendant que la bourgeoisie franquiste étalait sa fortune dans les palaces de marbre et bois précieux de la côte asturienne.
Plus de massacre de masse, mais une intimidation au quotidien, qui obligeait chacun à vivre dans une auto-censure permanente, et à supporter la misère en silence.
Si je rappelle ces faits de l’histoire toute proche, c’est parce que je pense aujourd’hui qu’avec Nicolas Sarkozy “tout est possible”, comme il le disait fort justement pendant sa campagne présidentielle, et “même le pire”, ajouterai-je.
Nous avons vécu jusque dans les années 80 dans l’illusion que le traumatisme de la deuxième guerre mondiale avait causé un changement indépassable dans la société humaine, et que, la guerre froide s’estompant, le futur était débarrassé à jamais de la dictature et de la guerre, les problèmes étant maintenant limités au chômage et à la “guerre économique”, une guerre par économistes interposés, qui ne nous empêchait pas malgré tout de boire un coup et de partir en vacances.

C’était oublier un peu vite que la deuxième guerre mondiale était issue de causes sociales et économiques, qui avaient fait qu’en ces temps troublés, des aventuriers sans scrupules avaient été élus dans des démocraties européennes - avec l’aide de puissants groupes industriels et financiers - avant d’en prendre le contrôle, sans que les démocrates de l’époque ne puissent l’empêcher (il ne faut jamais oublier ça).

Une dictature en France ? Allons donc !
La dépression qui s’annonce maintenant chez nous, et dont nous ne sommes encore qu’au tout début, faut-il le rappeler, nous place dès aujourd’hui face à un nouveau péril pour la démocratie, qu’on ne peut comparer, au vu de son ampleur, qu’avec celui des années 30.
L’état va devoir faire face à une situation sans équivalent depuis : des millions de chômeurs, des entreprises en faillite, un système financier menacé par la banqueroute, et aucune perspective crédible à l’horizon, car les emplois de plus en plus qualifiés qui continuent en masse à quitter le territoire pour l’Asie et ailleurs ne reviendront pas ici, tout simplement parce que la “logique” économique actuelle rend ce retour impossible au nom de la rentabilité.
Il faudrait donc aujourd’hui, pour avoir une chance de s’en sortir, esquisser une prise de conscience historique, et envisager rien moins que la fondation d’une nouvelle société, avant que celle dans laquelle nous vivons actuellement ne s’écroule tout à fait.

Or, rien de tout cela à l’horizon. Le gouvernement ne propose rien d’autre que d’accélérer les réformes (terme qu’on peut remplacer par celui plus compréhensible de “régressions sociales”), et ne sort de l’argent que pour les banques, quand aujourd’hui, dans ce pays, des gens de plus en plus nombreux vont récupérer les marchandises périmées dans les poubelles des supermarchés pour les manger.

Peut-on croire que les gens qui nous gouvernent fassent à ce point preuve d’ingénuité voire de stupidité pour qu’ils découvrent seulement aujourd’hui l’ampleur de la catastrophe ? Ce serait bien étonnant, et de nombreuses sources annonçaient la fin de la partie depuis au moins deux ans.

Il est vrai que j’ai pris comme hypothèse sous-jacente que Nicolas Sarkozy était un démocrate, et qu’il prenait donc des décisions pour assurer le bien-être du plus grand nombre. Et c’est effectivement pour le plus grand nombre qu’il y a urgence. Les amis de Nicolas Sarkozy, les Bolloré, Bouygues, Dassault et consorts ne craignent pas la tempête, les grands requins n’ont pas peur des naufrages.

Imaginons maintenant le côté sombre, imaginons - comme pure hypothèse bien sûr - qu’un aventurier sans scrupules, ébloui par l’argent, se soit fait élire à la tête de notre pays grâce à l’appui d’industriels, de patrons des médias et de financiers, à charge pour lui de les laisser ensuite se payer sur la bête.
Il sait que le pays va à la catastrophe, que le chômage et la misère vont exploser, lui et tous ceux qu’ils l’ont conduit là le savent.

Que ferait donc cet homme ? Il commencerait par remercier ses mécènes en votant des lois qui leur permettent de gagner plus d’argent, de payer moins d’impôts, de ne plus être embêtés par les “affaires”, et de mettre la main sur tout ce qui peut être rentable dans ce qui reste de l’état.

Dans un second temps, il viderait la démocratie de sa substance en court-circuitant les élus et le gouvernement, en muselant l’opposition, et prendrait toutes les décisions lui-même, avec un aréopage de conseillers de l’ombre servilement dévoués. Il mettrait la justice et les medias publics à sa botte, pour qu’enfin l’état tout entier lui soit inféodé.

Ensuite il attaquerait directement, tenterait de soudoyer, discréditer ou déstabiliser tous ceux qui seraient susceptibles de menacer son emprise sur le pays : journalistes, penseurs, chercheurs,syndicalistes, agents au service de l’état, d’une manière générale tous ceux qui osent avoir une pensée critique et aspirer au bien commun.

Ensuite il continuerait d’alimenter ses amis avec l’argent de l’état, de distribuer des prébendes, sans lever le petit doigt pour résoudre les malheurs de la plus grande majorité de la population.

Il suffirait enfin d’attendre que la juste colère sociale, attisée par le mépris de ses gouvernants, prenne de l’ampleur, qu’il y ait de la casse, des incendies, des victimes, des pillages de grandes surfaces, que fort opportunément des attentats surviennent pour alors décréter l’état d’urgence, la suppression des dernières libertés individuelles qui restent et sonner la fin de la récréation pour ceux qui pensaient encore qu’on était en démocratie…

Je laisse chacun faire les comparaisons qu’il jugera opportunes. Dire qu’il ne peut pas y avoir de dictature dans une démocratie comme la France c’est oublier ce qui s’est passé en Allemagne et en Italie il n’y a pas si longtemps, dans des circonstances étrangement comparables. La vraie personnalité des gens se révèle parfois à l’occasion de circonstances exceptionnelles.
Comme je le disais dans mon préambule, imaginer une dictature fasciste ne passe pas forcément par l’holocauste et la mort de millions de personnes. Cela passe par une intimidation au quotidien, qui oblige chacun à vivre dans une auto-censure permanente, et à supporter la misère en silence.

* Détournement de la célèbre réplique “Abajo la intelligencia! viva la muerte!” vociférée en 1936 par le
général franquiste Millán Astray en réponse à un discours de Miguel de Unamuno, recteur de l’université de Salamanque